Tu paies trop d’impôts. Et tu n’exploites probablement pas le levier fiscal le plus puissant à ta disposition.
Le Plan d’Épargne Retraite individuel permet aux freelances TNS de déduire jusqu’à 88 911 € par an de leur revenu imposable. Pour un indépendant qui génère 100 000 € de bénéfice et paie la TMI à 41 %, ça représente plus de 7 000 € d’économie d’impôt chaque année. Pourtant, la majorité des freelances n’ont jamais ouvert de PER, ou versent bien en dessous de leur plafond.
En 2026, une nouvelle règle change la donne : la durée de report des plafonds d’épargne retraite passe de 3 à 5 ans. En pratique, tu disposes déjà de 3 années de plafonds cumulables (2023 à 2025) en plus de ton plafond 2026. Si tu n’as rien versé ces dernières années, c’est une fenêtre de rattrapage significative. On va voir ensemble comment calculer ton plafond, simuler ton économie réelle et mettre en place une stratégie de versement optimale.
Étape 1 - Comprendre le PER individuel (et pourquoi il concerne les freelances)
Le PER individuel (PERIN) est un produit d’épargne retraite créé par la loi PACTE de 2019. Il a remplacé les anciens dispositifs Madelin et PERP en les unifiant dans un cadre plus souple.
Le principe est simple. Tu verses de l’argent sur ton PER, et ces versements sont déduits de ton revenu imposable. L’argent est bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé qu’on verra plus bas), et tu le récupères ensuite en capital, en rente viagère, ou un mix des deux.
PER vs assurance-vie et PERCO : quelle différence ?
L’assurance-vie offre une liquidité totale : tu retires quand tu veux. Mais tes versements ne sont pas déductibles du revenu imposable. Le PER, c’est l’inverse : l’argent est bloqué, mais tu obtiens une économie d’impôt immédiate au moment du versement.
Quant au PERCO (plan d’épargne retraite collectif), il est réservé aux salariés d’entreprise. En tant que freelance, tu n’y as pas accès.
Le PER est un outil de défiscalisation avant d’être un produit de retraite. Si ta tranche marginale d’imposition (TMI) est de 30 % ou plus, chaque euro versé te coûte réellement entre 59 et 70 centimes grâce à l’économie d’impôt.
Qui peut ouvrir un PER ?
Tout le monde : salarié, indépendant, fonctionnaire, demandeur d’emploi. Mais les freelances TNS bénéficient d’un plafond de déduction majoré par rapport aux salariés. C’est là que ça devient intéressant.
Quand je me suis lancé en 2012, la retraite était le cadet de mes soucis. J’avais clôturé mon épargne salariale pour financer mes premiers mois d’activité. Treize ans plus tard, je mesure l’impact d’avoir attendu si longtemps avant d’ouvrir un PER. Chaque année sans versement, c’est une déduction fiscale perdue.
À noter : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après le 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles.
Étape 2 - Calculer ton plafond de déduction PER
C’est le cœur du sujet. Le plafond de déduction varie selon ton statut juridique et ton niveau de revenu.
Le plafond TNS (EI au réel, gérant majoritaire d’EURL)
Si tu es en entreprise individuelle au régime réel ou gérant majoritaire d’EURL, tu bénéficies du plafond spécifique TNS prévu à l’article 154 bis du Code général des impôts.
La formule :
10 % du bénéfice imposable (plafonné à 8 PASS) + 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS
Avec un PASS 2026 fixé à 48 060 €, ça donne :
- Plafond minimum (même si ton bénéfice est nul) : 4 806 € (10 % du PASS)
- Plafond maximum (bénéfice ≥ 384 480 €) : 88 911 €
Plafond PER par niveau de bénéfice
| Bénéfice imposable | Plafond PER déductible | Détail du calcul |
|---|---|---|
| 30 000 € | 4 806 € | Plancher (10 % du PASS) |
| 50 000 € | 5 291 € | 5 000 + 15 % × 1 940 |
| 70 000 € | 10 291 € | 7 000 + 15 % × 21 940 |
| 100 000 € | 17 791 € | 10 000 + 15 % × 51 940 |
| 150 000 € | 30 291 € | 15 000 + 15 % × 101 940 |
Le bonus de 15 % entre 1 et 8 PASS est ce qui rend le plafond TNS bien plus généreux que le plafond applicable aux salariés ou aux présidents de SASU.
En tant que TNS au régime réel, ton plafond PER peut atteindre plus du double de celui d’un salarié à revenu équivalent. C’est un avantage fiscal que peu de freelances exploitent.
Le plafond en SASU
Si tu es président de SASU, tu es assimilé salarié. Tu ne bénéficies pas du plafond TNS majoré. Ton plafond est celui de l’article 163 quatervicies du CGI : 10 % de ta rémunération nette, avec un maximum de 37 680 € (10 % × 8 PASS de l’année précédente) et un minimum de 4 710 €.
Le point important : seul ton salaire entre dans le calcul. Les dividendes, soumis au PFU (31,4 % en 2026), ne génèrent pas de droits à déduction PER. Si tu te rémunères principalement en dividendes, ton plafond PER sera faible.
C’est un argument supplémentaire dans le choix entre EURL et SASU : le statut TNS ouvre un plafond PER nettement plus avantageux.
Cumul salarié + freelance : deux plafonds distincts
Si tu cumules une activité salariée et ton activité freelance TNS, tu disposes de deux plafonds PER distincts : le plafond article 163 quatervicies (côté salarié) et le plafond article 154 bis (côté TNS). Les deux se cumulent.
Exemple : un cadre à mi-temps (45 000 € de salaire) qui génère aussi 60 000 € de bénéfice freelance dispose d’un plafond salarié de 4 710 € et d’un plafond TNS de 7 791 €, soit 12 501 € au total. Ton avis d’imposition détaille les deux plafonds séparément.
Où trouver ton plafond exact ?
Pas besoin de sortir la calculatrice. Ton plafond d’épargne retraite apparaît sur ton dernier avis d’imposition, dans la rubrique “Plafond épargne retraite” (impots.gouv.fr). Si tu n’as jamais versé sur un PER, il inclut déjà les plafonds non utilisés des années précédentes.
Étape 3 - Simuler ton économie d’impôt
L’économie dépend directement de ta TMI (que tu peux estimer avec notre simulateur de revenus freelance). Plus tu es imposé, plus le PER est rentable à l’entrée.
Simulation par TMI et bénéfice (TNS au réel)
| Bénéfice | Plafond PER | Économie à 30 % | Économie à 41 % | Économie à 45 % |
|---|---|---|---|---|
| 50 000 € | 5 291 € | 1 587 € | 2 169 € | 2 381 € |
| 70 000 € | 10 291 € | 3 087 € | 4 219 € | 4 631 € |
| 100 000 € | 17 791 € | 5 337 € | 7 294 € | 8 006 € |
| 150 000 € | 30 291 € | 9 087 € | 12 419 € | 13 631 € |
Les économies ci-dessus sont indicatives. Elles dépendent de la composition exacte de ton foyer fiscal (quotient familial, autres revenus).
Un freelance qui génère 100 000 € de bénéfice et paie la TMI à 41 % peut économiser 7 294 € d’impôt par an simplement en versant sur son PER. Sur 15 ans, c’est plus de 100 000 € d’économie cumulée, sans compter les gains générés par l’épargne investie.
Tu déduis aujourd’hui à 41 % et tu seras probablement imposé à 30 % (ou moins) à la retraite, quand tes revenus auront baissé. C’est un arbitrage temporel qui joue en ta faveur dans la grande majorité des cas.
Quand le PER n’est pas intéressant
Si ta TMI est de 11 %, l’économie est faible (environ 580 € pour un versement de 5 291 €) et la contrainte de blocage ne vaut pas le coup. Mieux vaut dans ce cas placer ton épargne sur une assurance-vie ou un PEA, qui offrent de la liquidité sans restriction. Le PER devient réellement pertinent à partir de la tranche à 30 %.
J’ai mis du temps à intégrer cette logique. Pendant mes premières années en freelance, je laissais l’argent dormir sur un compte courant sans optimiser ma fiscalité. Le jour où j’ai réalisé que chaque euro versé sur mon PER me coûtait réellement 59 centimes (TMI à 41 %), j’ai regretté de ne pas avoir commencé plus tôt.
Étape 4 - La règle 2026 : 5 ans de plafonds à rattraper
C’est la nouveauté majeure de cette année. La loi de finances 2026 a allongé la durée de report des plafonds d’épargne retraite non utilisés de 3 à 5 ans.
Ce que change le report à 5 ans
L’extension à 5 ans s’applique aux plafonds générés à partir de 2026. Pour l’année 2026, tu peux encore utiliser les plafonds non consommés des années 2023 à 2025 (sous l’ancien régime de 3 ans) en plus de ton plafond 2026. Le plein effet de la réforme se fera sentir à partir de 2031, quand tu pourras cumuler 5 années de plafonds non utilisés.
Exemple : un freelance avec un bénéfice stable de 80 000 €/an, qui n’a jamais versé sur un PER.
- Plafond annuel moyen ≈ 13 000 €
- Plafonds cumulés (2023-2025 + année en cours) ≈ 52 000 €
- Économie potentielle à TMI 41 % : 21 320 €
C’est un versement unique, sur une seule année fiscale, qui efface plus de 20 000 € d’impôt. Peu de dispositifs offrent un levier comparable.
La fenêtre de rattrapage 2026 est une opportunité pour les freelances qui n’ont jamais cotisé sur un PER. Avec jusqu’à 4 années de plafonds cumulables (3 ans reportés + l’année en cours), tu peux déduire des dizaines de milliers d’euros en un seul versement.
Les plafonds antérieurs à 2023 sont perdus
Sous l’ancien régime de report à 3 ans, les plafonds 2021 ont expiré fin 2024 et les plafonds 2022 fin 2025. Seuls les plafonds 2023 à 2025 restent utilisables en 2026. Si tu envisages d’ouvrir un PER, agis avant fin 2026 pour ne pas laisser filer le plafond 2023.
Rattrapage du conjoint
Si tu es marié ou pacsé, tu peux utiliser le plafond non consommé de ton conjoint (case 6QU de la déclaration de revenus). C’est un levier supplémentaire souvent oublié.
Attention au versement massif en fin de carrière
Si tu approches de la retraite, un versement exceptionnel réalisé dans les derniers mois avant la liquidation de tes droits peut être requalifié en abus de droit par l’administration fiscale (article L.64 du Livre des procédures fiscales). La majoration va de 40 à 80 % de l’impôt éludé.
En pratique, le risque concerne surtout les versements dans les 6 à 12 derniers mois, sans historique de versements réguliers. Si tu as versé chaque année depuis plusieurs années et que tu complètes un rattrapage, la démarche est cohérente et le risque est faible.
Étape 5 - PER en micro-entreprise : accessible, mais limité
Un micro-entrepreneur peut ouvrir un PER individuel et déduire ses versements. Mais le plafond est nettement inférieur à celui des TNS au réel.
Le calcul en micro
En micro-entreprise, tu ne bénéficies pas du plafond TNS majoré (pas de bonus de 15 %). Tu utilises le plafond standard : 10 % du revenu net imposable (après abattement forfaitaire).
| CA annuel (BNC) | Abattement 34 % | Revenu net | Plafond PER |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | 10 200 € | 19 800 € | 4 806 € (plancher) |
| 50 000 € | 17 000 € | 33 000 € | 4 806 € (plancher) |
| 70 000 € | 23 800 € | 46 200 € | 4 806 € (plancher) |
| 83 600 € | 28 424 € | 55 176 € | 5 518 € |
En pratique, la quasi-totalité des micro-entrepreneurs BNC plafonnent à 4 806 € de déduction annuelle. C’est un levier réel (1 442 € d’économie d’impôt à TMI 30 %), mais sans commune mesure avec les 17 791 € déductibles pour un TNS au réel avec un niveau de revenu équivalent.
En micro, le PER reste intéressant, mais le plafond est environ 3 fois plus faible qu’au régime réel à revenu comparable. Si ton activité s’y prête, c’est un argument de plus pour envisager le passage au réel.
Versement libératoire : aucune déduction possible
Si tu as opté pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, tes revenus ne passent pas par le barème progressif. Ils sont taxés forfaitairement (1 % à 2,2 % selon l’activité). Dans ce cas, le PER n’a aucun intérêt fiscal : la déduction réduit le revenu imposable au barème progressif, mais puisque tes revenus sont imposés au forfait, l’économie est de zéro euro.
Avant d’ouvrir un PER en micro, vérifie que tu es bien au barème classique (pas de versement libératoire). Si tu es au VL et que ta TMI réelle serait de 30 % ou plus, il peut être judicieux de renoncer au versement libératoire pour retrouver l’accès à la déduction PER.
Si tu approches du plafond micro et que tu hésites, le PER n’est qu’une des nombreuses charges déductibles que tu débloques en passant au régime réel.
Étape 6 - Choisir le bon PER et définir ta stratégie de versement
Les 4 critères pour choisir ton PER
Tous les PER ne se valent pas. Voici les quatre critères à comparer :
Les frais. C’est le critère numéro un. Les frais de gestion annuels varient de 0,5 % (PER en ligne) à plus de 2 % (réseaux bancaires traditionnels). Sur 20 ans, la différence se chiffre en dizaines de milliers d’euros. Fuis les PER avec des frais sur versement (certaines banques prélèvent 2 à 4 % à chaque dépôt).
Les supports d’investissement. Privilégie un PER qui propose des ETF (trackers indiciels) à frais réduits. Les PER en ligne comme Linxea Spirit PER, Yomoni Retraite+ ou Ramify offrent des catalogues larges et des frais compétitifs (entre 1,3 et 1,6 % tout compris en gestion pilotée).
La gestion pilotée ou libre. En gestion pilotée, le PER ajuste automatiquement l’allocation selon ton horizon de retraite : plus d’actions quand tu es jeune, sécurisation progressive à l’approche du départ. Si tu n’as pas envie de gérer toi-même, c’est le meilleur choix.
Les options de sortie. Vérifie que le contrat propose la sortie en capital (100 %), en rente, ou un mix des deux. Certains PER limitent les options.
PER assurance ou PER bancaire ? La plupart des PER en ligne sont des PER assurance (contrat adossé à un assureur). C’est le format à privilégier : le PER assurance est exonéré d’IFI pendant toute la phase d’épargne (article 972 du CGI), et il bénéficie d’un régime de transmission favorable en cas de décès (article 990 I). Le PER bancaire (compte-titres), plus rare, est taxable à l’IFI sur sa fraction immobilière et intègre l’actif successoral classique.
Un PER avec des frais de 2 %/an au lieu de 0,6 % te coûtera des dizaines de milliers d’euros sur la durée. Privilégie les PER en ligne : moins de frais, plus de transparence, mêmes garanties réglementaires.
Quand verser ?
Le versement optimal, c’est celui que tu fais en fin d’exercice, une fois ton bénéfice connu. En novembre ou décembre, tu connais ton résultat annuel, ta TMI et ton plafond disponible. Tu peux ajuster ton versement au centime près.
Les versements mensuels ont un avantage : le lissage du prix d’achat des supports (tu achètes autant quand les marchés montent que quand ils baissent). Mais en termes d’optimisation fiscale, le versement de fin d’année est plus précis.
Ma recommandation : mets en place un versement mensuel de base (par exemple 500 €/mois), puis complète en décembre pour atteindre ton plafond exact.
Étape 7 - Sortie du PER : rente, capital, ou les deux ?
C’est la question que tout le monde se pose. Et la réponse dépend de ta situation au moment de la retraite.
Sortie en capital
Tu récupères ton épargne en une ou plusieurs fois. Si tu as déduit tes versements à l’entrée :
- Le capital (tes versements) est soumis au barème progressif de l’IR
- Les plus-values sont soumises au PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux)
L’intérêt : si ta TMI à la retraite est plus basse qu’aujourd’hui (ce qui est probable), tu auras économisé la différence. Par exemple, déduit à 41 %, réimposé à 30 % = 11 points de gain net sur chaque euro versé.
Sortie en rente viagère
Tu reçois un revenu mensuel garanti à vie. La rente est imposée comme une pension de retraite (barème progressif de l’IR, avec un abattement de 10 %).
L’avantage, c’est la sécurité d’un revenu régulier. L’inconvénient : si tu décèdes prématurément, le capital restant est perdu (sauf option de réversion ou annuités garanties, qui réduisent le montant de la rente).
La stratégie combinée
À la retraite, tu n’es pas obligé de choisir entre tout en capital ou tout en rente. La combinaison des deux te donne le meilleur des deux mondes : flexibilité immédiate et sécurité à vie.
Par exemple : 50 % en capital pour financer un projet ou compléter ta trésorerie, et 50 % en rente pour sécuriser un revenu de base mensuel. Tu ajustes le ratio selon tes besoins.
Les cas de déblocage anticipé
Tu n’as pas besoin d’attendre la retraite dans certaines situations :
- Acquisition de ta résidence principale (cas le plus courant)
- Décès du conjoint ou partenaire de PACS
- Invalidité (toi, ton conjoint, ou ton enfant)
- Surendettement
- Expiration de tes droits au chômage
- Cessation d’activité non salariée suite à une liquidation judiciaire
Ce dernier cas est spécifique aux indépendants. C’est un filet de sécurité que la retraite obligatoire ne couvre pas. Pour estimer tes futurs droits, utilise notre simulateur retraite freelance.
Combiner PER et assurance-vie : le duo complémentaire
Le PER et l’assurance-vie ne sont pas concurrents. Ils jouent des rôles différents dans ta stratégie patrimoniale.
| PER | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Avantage fiscal à l’entrée | Oui (déduction IR) | Non |
| Liquidité | Bloqué (sauf cas prévus) | Disponible à tout moment |
| Fiscalité à la sortie | IR + prélèvements sociaux | Abattement après 8 ans |
| Succession | Intégré à l’actif successoral | Hors succession (dans les limites légales) |
La stratégie idéale en trois points :
- Remplis d’abord ton plafond PER si ta TMI est de 30 % ou plus
- Place le surplus sur une assurance-vie pour garder de l’épargne accessible
- Conserve 3 à 6 mois de trésorerie sur un livret, séparément de toute stratégie d’épargne long terme
Transmission : que se passe-t-il en cas de décès ?
C’est un aspect souvent négligé, mais le PER assurance offre un cadre de transmission avantageux, surtout si tu verses avant 70 ans.
- Versements effectués avant 70 ans : chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 € (article 990 I du CGI). Le conjoint ou partenaire de PACS est totalement exonéré.
- Versements effectués après 70 ans : le régime bascule sur l’article 757 B. L’abattement tombe à 30 500 € pour l’ensemble des bénéficiaires, tous contrats confondus.
Depuis 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles. Ce double désavantage (pas de déduction + fiscalité successorale alourdie) rend les versements tardifs peu pertinents. Si tu as plus de 65 ans, maximise tes versements PER maintenant et bascule vers l’assurance-vie après 70 ans pour les questions de transmission.
Le PER assurance transmet ton épargne dans des conditions proches de l’assurance-vie avant 70 ans. Après cet âge, l’assurance-vie devient nettement plus avantageuse pour tes héritiers.
Si tu hésites sur l’optimisation fiscale globale de ton activité, un expert-comptable peut t’aider à arbitrer entre PER, rémunération et charges déductibles. DougsAvantage partenaire1 mois offert propose un accompagnement dédié aux indépendants et peut modéliser l’impact du PER sur ta situation fiscale.
Ton plan d’action PER en 5 points
- Vérifie ton plafond sur ton dernier avis d’imposition (rubrique “Plafond épargne retraite”)
- Ouvre un PER en ligne à frais réduits (Linxea Spirit PER, Yomoni Retraite+, Ramify ou Nalo)
- Mets en place un versement mensuel de base, même modeste (200 à 500 €/mois)
- Complète en décembre pour maximiser ta déduction une fois ton bénéfice connu
- Exploite le rattrapage : si tu n’as rien versé ces dernières années, tu as un plafond cumulé potentiellement énorme
Le PER n’est pas un produit miracle. C’est un outil de report d’imposition, pas d’exonération. Mais pour un freelance TNS imposé à 30 % ou plus, c’est l’un des rares leviers légaux qui te permet de construire ta retraite tout en réduisant ta note fiscale chaque année. Et avec la règle de rattrapage 2026, le moment d’agir, c’est maintenant.
Questions fréquentes
Le PER est-il intéressant si je suis à la TMI de 11 % ? +
Rarement. L'économie d'impôt est faible (11 % du versement) et l'argent est bloqué jusqu'à la retraite. À cette TMI, il est souvent plus judicieux de placer son épargne sur une assurance-vie ou un PEA, qui offrent de la liquidité sans contrainte de blocage. Le PER devient pertinent à partir de la TMI de 30 %.
Puis-je débloquer mon PER avant la retraite ? +
Oui, dans 6 cas précis : achat de la résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, expiration des droits au chômage, et cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire. L'achat de la résidence principale est le cas le plus fréquent chez les freelances.
Les versements PER réduisent-ils mes cotisations URSSAF ? +
Non. Les versements sur un PER individuel sont déductibles du revenu imposable pour l'impôt sur le revenu, mais ils ne réduisent pas l'assiette de tes cotisations sociales URSSAF. L'économie est uniquement fiscale, pas sociale.
Puis-je transférer un ancien contrat Madelin vers un PER ? +
Oui. Depuis la loi PACTE, tu peux transférer un contrat Madelin vers un PER individuel sans fiscalité. Tu conserves l'ancienneté fiscale du contrat. C'est recommandé si ton ancien contrat a des frais élevés ou des options de sortie limitées.
Quelle différence entre le plafond TNS et le plafond salarié pour le PER ? +
Le plafond TNS (article 154 bis du CGI) inclut un bonus de 15 % sur la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, en plus des 10 % de base. Résultat : un TNS peut déduire jusqu'à 88 911 € par an (en 2026), contre 37 680 € maximum pour un salarié ou un président de SASU.
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